J43 à bord de L’Astrolabe

La houle nocturne m’a bercé jusqu’au réveil.

Je suis impatient de me lever pour me confronter à l’instabilité du navire qui roule avec la houle et découvrir mes réactions face à ce phénomène.

Je mange copieusement mon petit déjeuner, en prenant même le risque inconsidéré de manger un yahourt. Je retourne dans le salon des passagers me donne l’occasion de découvrir un message d’Hélène en réponse au mien où je lui relatais notre départ différé vers Hobart et de notre crochet vers le glacier Mertz. Au moment de rédiger ma courte réponse, je sens que je ne suis pas bien et je m’interroge brièvement sur la conduite à tenir.

Je réintègre ma cabine et me plonge dans l’écoute de mes podcasts.

Ce jour ce sont les babordés qui ouvre le service de 11h si bien que je sors de ma bannette assez vite et en bonne forme. J’ai de nouveau un très bon appétit. Les tagliatelles du jour tapissent bien mon estomac, ainsi que le dessert (une tartelette au chocolat).

Je décide de ne pas tenter le diable et tient ma promesse de ne pas monter en passerelle ce jour. J’attends d’être suffisant amariné pour me retrouver au point haut du pendule inversé. Je redescends m’étendre sur ma couchette où de nouveaux podcasts me bercent avec la houle.

Au réveil de ma sieste improvisée, j’attaque le stade 2 de mon amarinage et j’ouvre ma liseuse pour savoir si mon corps m’autorise à faire des efforts cérébraux, même allongé. La séance de lecture se déroule bien. Les pages du roman de Neige Sinno « Triste tigre » ne constituent pas une lecture divertissante mais les pages qu’elles consacrent à son viol par son beau père et les réflexions qu’elles entrainent me montre que je suis réceptif et en mesure de supporter cet effort intellectuel.

Le livre de Neige Sinno est un puissant témoignage introspectif qui ne fait de concessions à personne. Elle se pose 1 000 questions qu’elle traite avec franchise en ayant souvent le sentiment qu’elle n’a pas forcément de réponses à chaque sujet traité dans ces paragraphes.  Elle n’écrit pas pour se sauver mais pour mieux appréhender la citation « Ce que nous faisons nous-mêmes de qu’on fait de ce qu’on fait de nous » de Gilles Deleuze.

Sa lucidité est aussi vive que sa vulnérabilité après son viol subit entre ses 9 et 15 ans.

Je clos sa lecture au moment de l’appel du repas des barbordés.

A ce stade de ma mission, j’ai lu 4 des 15 livres enregistrées dans ma liseuse. Je présume que mes prochaines journées seront de nouveau consacrées à cette activité à moins qu’il ne me soit possible de rédiger quelques compte-rendus à l’ordinateur. I will see !

La houle a légèrement molli. Elle est plus ronde et sa période plus longue. Le soleil poursuit sa route vers l’horizon sur notre babord.

Je ne ressens toujours pas de symptôme après le repas si bien que je me réinstalle à la salle de travail pour rédiger cet article.

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