J36 à DDU

Le réveil est forcément « pénible » car j’aurai bien prolongé ma nuit. J’émerge avec retard de ma somnolence et accumule un peu de retard en chemin pour profiter du paysage avec cette lumière matinale rasante inédite. Quelques photos plus tard je prends le temps d’échanger avec Jean-Luc qui se rendait à la « Meuse ».  Je me sers mon bol de café quotidien à l’heure de l’embauche des équipes techniques. Je laisse le temps des brieffings matinaux se dérouler avant de retrouver mon bureau.

En allongeant le pas sur la passerelle, j’aperçois l’Astrolabe surgir de la brume distante de quelques hectomètres et fait « passerelle » arrière toute pour aller me poster en observateur professionnel sur le promontoire des cuves de carburant de la centrale où je domine la mer de glace du Nord Est et la piste du Lion où sera amarré dans quelques minutes le patrouilleur polaire.

Je réalise un reportage photographique façon time lapse manuel pour renseigner mon prestataire en charge de réaliser dans quelques semaines une étude d’aménagements portuaires de Dumont d’Urville. Je retourne au bureau préparer ma réunion de l’après midi avec la délégation de parlementaires et la préfète des TAAF pour exposer notre vision de la modernisation de la station.

La journée est studieuse et ponctuée par une assemblée générale de l’ensemble des personnels de l’Institut polaire français. Les difficultés de communication par internet nous privent d’un temps d’échanges avec les personnels du siège et ceux en opération à Concordia et dans les îles subantarctiques. Tant pis ! La technologie a ses limites ! Mais c’est frustrant ! j’avais hâte de le les revoir 6 semaines après mon départ du goulet !

La journée se clôture par notre jeudi de la science hebdomadaire au cours de laquelle François nous expose ses travaux de recherche sur les mondes polaires des planètes (au sens large) du système solaire. La recherche en Antarctique sert les découvertes en cours sur Mars et vice et versa.

Ces temps de partage de nos horizons scientifiques sont appréciés de l’ensemble des campagnards et hivernants. Cette curiosité semble être un dénominateur commun à notre présence ici en Terre Adélie.

En visionnant les photos du jour vous aurez compris que j'avais observé par moi même le comportement d'un Adélie et de son poussin pour le nourrir. Informé par mes collègues ornithologues j'ai pu prendre conscience du temps long pour observer les oiseaux et saisir leur mode de vie et leur comportement. 

Une autre leçon de vie. Prendre le temps de regarder la nature pour l'apprécier à sa juste valeur. Notre connexion à la nature et au monde vivant est ultra forte ici dans l'archipel. Il est impossible de ne pas y être sensible. 

Allez la pénombre est tombée. Le solstice d'été est passée depuis 3 semaines. il commence à y avoir un début d'obscurité.

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