J35 à DDU

Faute avouée …

Vous connaissez la suite.

Oui j’avoue, j’ai craqué à 17h30 devant une pâtisserie toute chaude (brûlante) sortie du four par Juliette. 17h30, je sais c’est déraisonnable, surtout que les activités du jour avaient été restreintes à une marche à pied en début d’après midi pour aller consulter des archives rangées à l’autre bout de l’Île. (Alors qu’hier, je m’étais dépensé à porter deux armoires dans un laboratoire en pleine averse de neige. Elle était lourde (l’armoire – pas la neige !).

Là j’ai craqué devant un Kouign Aman de fou !

Bon pour être honnête je n’en ai pas repris au dîner ! il faut rester fort dans sa tête !

La station est calme depuis 3 jours puisque l’hélicoptère est parti avec L’Astrolabe pour une mission scientifique à l’Ouest (vers Port Martin et Cap Jules). Il y a donc moins d’opérations à coordonner et tout le monde peur reprendre ses travaux habituels sans être mobilisé par les opérations de dépotage et de rempotage des cales du navire.

La radio grésille nettement moins pour coordonner toutes les opérations simultanées.

Certains anciens hivernants nous disent que ce calme dans la station ressemble un peu à l’ambiance de l’hivernage où ils se retrouvent à une vingtaine dans la station sans l’agitation des campagnes d’été. J’avoue que la neige qui tombe à petits et gros flocons renforcent cette impression. J’aurai donc fait un hivernage d’une journée pendant ma mission. Et oui car L’Astrolabe revient dès demain matin et les opérations de projection sur le continent des scientifiques vont redémarrer plein pot et les ultimes acheminements de pièces détachées et vivres pour le raid vont s’effectuer avant son départ vendredi. Mon hivernage aura été très court, mais très bon (merci Juliette pour le délicieux Kouign Aman !)

Vous l’aurez compris depuis le début de vos lectures, le temps n’a pas la même valeur ici en Antarctique. Les jours sont des heures, les heures des minutes, et les minutes des secondes. Hier matin il me restait 8 jours de mission et ce soir il m’en reste possiblement 3,5. La météo sur le continent se dégrade si bien que les vols descendants de Concordia sont avancés de deux jours et la météo en mer s’annonce chahutée si bien que le commandant a demandé à partir dimanche en fin de journée. Tout se contracte. Est-ce que tout est réalisable en moins de temps. Il faut analyser, soupeser, discuter, arbitrer … Il faut jongler avec toutes les contraintes. Le responsable des opérations est au centre des décisions pour diriger les opérations.

J’essaie de terminer mes prises de connaissance avec le terrain, j’échange un maximum avec les scientifiques présents pour faciliter les prochains échanges… C’est dense ! Et j’essaie de capter les dernières émotions de mon voyage antarctique avant d’entamer la partie « maritime » de la mission.

Je fais le tour des colonies, je rends visite aux poussins Adélie dont j’ai observé les progrès en 4 semaines. Je déjoue les vols des skuas. Je bondis vent arrière sur l’ascension du chemin de corde, je fais des dernières randonnées dans les coins reculés de l’île (vers le chenal Pedersen)… J’arpente au maximum le territoire de l’archipel avant de le quitter pour de longs mois. A mon retour, je vais attaquer le versant opérationnel de mon projet en rédigeant des cahiers des charges, en bâtissant des plannings, en sollicitant des budgets, en validant des études.

Je me nourrirai de toutes mes observations et captations.

Une chose est certaine, je n’aurai pas testé abusivement la literie de ma chambre ! Allez je vais le faire un peu plus ce soir… car sait-on jamais, la traversée vers Hobart pourrait être « fatigante ».

Commentaires

  1. Ah, ben non, que va-t-on devenir sans tes récits quotidiens? C'est un peu nous aussi qui allons quitter l'Antarctique. Snif...

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