J28 à CAP PRUDHOMME
D3 est en haut de la première rampe. Vous avez vu les photos quand j’y suis monté : on ne voit pas la station depuis cet espace de stockage des caravanes et traineaux du Raid. Alors, tout le monde a peur d’y monter travailler à pied ! Il y a un danger à se perdre en redescendant…. Alors qu’il y a 500 m à vol de skuas !!!
Je suis accueilli avec respect, je pose des questions bêtes, maintes fois posées, mais Tito et ses habitants me répondent avec bienveillance, appréciant que je vienne m’intéresser à leurs sujets problématiques. Ce n’est pas parce qu’ils sont compliqués qu’il ne faut pas s’occuper de leurs problèmes. Leur première demande réside dans la construction d’un atelier pour réparer les tracteurs les plus puissants du Raid. Il faut trouver une solution et nous la trouverons. Il faut juste mobiliser un peu de temps et de constance sur le sujet. Depuis le début des années 90, la station s’est organisée autour de la fabuleuse épopée technique du raid : mettre au point des traineaux, des modes de tractions, composer des équipages endurants et endurcis pour traverser le désert blanc…. La station disposait de peu de capacité d’accueils pour y héberger d’éventuels travailleurs qui amélioreraient la station ou développeraient de nouvelles infrastructures. La station est à sa limite de développement alors que les besoins des raids logistiques et scientifiques sont croissants. Le machinisme déployé pour s’engager dans l’odyssée vers l’intérieur du continent n’a plus rien à voir avec les machines pionnières. Les infrastructures de réparation mécanique n’arrivent plus à suivre… Il va falloir réagir. La route vers Concordia compte sur eux ! Anthony, chef du raid, parfait ma compréhension des combinaisons de traineaux, caravanes, … et me présente la future caravane de 50 pieds qui sera inaugurée sur le prochain raid. Par contre avec raison et sagesse, il ne perd pas son temps à m’exposer les manip’s en cours des magiciens mécaniciens qui interviennent sur les machines… Il sait que je n’y comprendrai rien ! Par contre en les regardant faire, je me dis qu’effectivement il faut leur trouver une solution.
J’enchaîne avec une visite en solo des différentes installations pour prendre des notes et des croquis car ma prochaine visite à Prudhomme est lointaine.
Il est 17h30, l’hélicoptère a volé en cette fin d’après-midi pour se dépêcher de déposer à Prudhomme les pièces détachées tant attendues par les équipes pour finaliser les réparations !!! Je rentre alors à la maison après un dernier survol (sans photo, car j’étais persuadé que la batterie de mon appareil photos s’était épuisée d’avoir été porté trop longtemps en bandoulière…alors qu’en fait, mes lunettes polarisantes m’avait fait mal lire le message qui s’affichait sur mon écran : carte mémoire saturée … les 4200 photos et vidéos prises en 30 jours ont rempli la carte mémoire… je vous prive donc de belles lumières et de beaux paysages spectaculaires sur l’archipel pour une erreur de lecture d’écran…) Je me console en ayant la satisfaction personnelle d’en avoir pris plein les yeux sans que ma rétine soit entravée d’un objectif photographique).
A mon arrivée à Pétrels, je découvre les nouveaux arrivants du jour qui ont enfin quitté le bord après une traversée épique. Parmi les arrivants, la préfète des Terres Australes et Antarctiques Françaises et deux députés, Jimmy Pahun et Clémence Guesté, en charge de la commission des affaires polaires, des océans et des terres australes et antarctiques à l’assemblée nationale, qui nous donnent l’occasion d’entendre 3 discours et de partager un buffet d’honneur. Les navigateurs de l’extrême bien pâles après 5 jours de lessiveuse, sont pressés d’aller se coucher.
Comme moi à cette heure avancée de la nuit !
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