J26 à DDU
Premier jour de 2024.
Il est 3h45. Je sors du séjour pour regagner ma chambre 500 m en contrebas ! Et en poussant la porte du séjour, c’est le choc. Je n’avais pas encore vu la lumière du levant. Certes, j’avais vu la lumière du matin, mais pas la lumière du levant. Celle qui arrive du sud, rasante, enveloppante. Rassurante. Maternante. Une lumière de début du monde.
Au loin sur le continent, des catabatiques soufflent à s’époumoner et entraînent dans leur précipitation des tresses de chasse neige, bien visible depuis la côte. Le spectacle est grandiose. J’apprécie à tel point la scénographie et le décor, qu’à peine arrivé à ma chambre, je me rends compte que j’ai laissé là-haut mon téléphone, qui doit vibrer de messages de vœux. Malgré le vent, le froid et la fatigue je me fais un plaisir de reprendre ma randonnée sous cette lumière d’or. Le deuxième tour de l’île me procure autant de joie contemplative que le premier.
Il est 4h30, je m’allonge sous ma couette, à la recherche d’un sommeil réparateur.
La colonie d’humains se retrouvent entre 11h et 14h au séjour pour un brunch de nouvel an. Chacun a encore la tête entre sa soirée d’hier et ses messages aux proches en métropole ou ailleurs. J’ai bien sûr adressé mes vœux à ma famille et mes amis des latitudes boréales, mais paradoxalement j’ai aussi adressé mes vœux à mes amis du grand sud. Je séjourne quelques semaines au 66ème parallèle sud et je connais des gens qui sont encore plus au sud ! C’est exceptionnel !
L’après-midi se passe sous un soleil de riviera azuréenne. Les lunettes et la crème solaire sont indispensables. Ça rayonne tous azimuths ! J’ai ressorti mon carnet d’aquarelles et sort faire la captation de certains lieux et ambiances. Je commence par me poser sur le radier de la plateforme des profileurs de vent nouvellement installés qui me fait dominer la place du village ! je crayonne le garage et son panorama sur la montée du chemin de corde, puis je m’attaque au BT qui barre l’océan pour terminer par un croquis de nos voisins d’en face ! l’ïle du gouverneur qui nous sépare flotte dans la baie ! Puis je change de point de vue pour me rendre sur mon belvédère au dessus des cuves à carburant de la centrale. J’observe les oiseaux. Les skuas s’offrent quelques friandises en guise de brunch. Je compatis un peu à la tristesse des parents Adélie qui voient leur progéniture s’envoler dans les griffes acérées de ces skuas prédateurs.
Je fais un croquis du glacier Astrolabe qui est en train de perdre des bergs.
Je me rentre au salon du séjour pour rédiger cet article, mais la soirée de la veille se rappelle à mon souvenir et me cause un violent mal de tête ! (je saurai quelques heures plus tard que je ne m’étais pas assez hydraté).
Je me replonge dans une lutte contre le sommeil et je craque en m’accordant une sieste de quelques minutes (genre une heure).
Après le repas, la chimie et la micro-sieste me remettent les idées au clair et je peux coloriser et légender mes dessins.
L’ambiance est feutrée. Tout le monde se remet de ses émotions de la veille et du jour. Plusieurs habitants sont partis se dégourdir les jambes sur la banquise au sud de l’île profiter du spectacle des phoques et des Adélie !
Je vais moi aussi aller me reposer !
Commentaires
Enregistrer un commentaire