J18 à DDU
Je passer mon réveillon de Noël en Antarctique ! Je dois me pincer. Certes, j’ai bien conscience - et je l’ai bien intériorisé- , qu’en passant ces fêtes dans les contrées australes sous le cercle polaire, je me prive des fêtes avec ma famille. Sans doute le premier de Noël que je passe éloigné du sapin familial.
J’apprécie à sa juste mesure cette fête, synonyme de rassemblements familiaux, que je passe justement loin d’eux.
D’un autre côté, c’est la grande famille de DDU qui doit faire la fête tous ensemble ce soir avec chacun confronté à la même situation que moi.
Alors, que la fête commence !
Tout commence par un dimanche matin de repos ! Pourquoi faut-il se reposer le dimanche ? Parce que le samedi soir, c’était soir de fête au dort’été. Il a donc fallu rallonger quelque peu la nuit.
Mais très vite, je dois m’extraire de ma chambre pour composer un beau cadeau de noël à la personne dont j’ai tiré au sort le nom pour le père noël secret. Mais je m’y prends top tard si bien que toutes les boutiques de l’Île sont fermées (normal nous sommes dimanche). Je dois donc me creuser la tête. Il est 10h ! H-8 (les cadeaux doivent être déposés avant 18h au pied du sapin).
Heureusement j’ai mon idée, il me faut juste les matériaux. Ma première mission consiste à trouver du papier canson au format A3 pour pouvoir y déposer ma poudre de graphite … et mes pigments d’aquarelle. Je pars donc en quête de ce précieux format. Je fouille, je questionne, je re-fouille, je cherche des indices, je visite plusieurs bâtiments … en vain … Cette quête m’occupe toute la matinée et me donne l’occasion d’une petite promenade dans les bâtiments sans activités. EN poussant la porte de la menuiserie de Dumont d’Urville, je me transporte quelques minutes dans un chalet … serait-ce celui du Père-Noël ?
Cette marche matinale dans la station vidée de ses habitants est très agréable et revigorante.
14h ! H-4 ! J’en suis au même point avec mon idée. Mais je suis déterminé. J’ai adapté mon format de papier à celui plus modeste dont je dispose dans mon carnet de dessin : un A5 ! Le cadeau sera plus petit mais il sera fidèle à l’idée de départ. Il me faut enfin trouver une cachette pour que mon destinataire de cadeau ne me surprenne pas en plein exécution de son cadeau.
Je me faufile (avec permission) dans l’atelier de mes collègues de Météo-France. J’ouvre ma trousse et ma palette et « Let’s Go ».
17h ! Je suis dans les temps et dépose donc avant l’heure mon cadeau au pied du sapin.
J’ai apprécié ses trois heures autour de la feuille blanche à dessiner et à peindre l’ambiance de la station.
Je redescends respecter le dressing code de la soirée (« Soyez bien habillés ! ») et je remonte vêtu de ma chemise et d’un jean propre !
La table est dressée en banquet, et les festivités peuvent commencer 9 h en avance sur les françaises. Le menu de Clément, Lydie et Juliette fait honneur à la gastronomie française !
Nous avons le droit à une bouteille de vin par groupe de 6-8 (une pour l’entrée, l’autre pour le plat). Les accords mets-plats sont parfaits. Le plateau de fromage fait office de plat principal bis tellement il est achalandé.
Au cours du repas, tous les stores du séjour s’ouvrent pour nous permettre de découvrir le père noël en personne et sa hotte garnie sortir de la cheminée du bâtiment qui nous fait face. S’en suit une distribution de 64 cadeaux surprises avec à chaque fois le cliché souvenir avec le père-Noël.
Mon cadeau fait le plaisir de sa destinatrice. Il était personnalisé. Il a plu et j'en suis ravi.
L’ambiance est chaleureuse et compense quelque peu l’éloignement des siens.
La fête se prolonge, mais la météo du jour s’est transformée en météo de la nuit, et les conditions de la fin d’après-midi ont bien changé : un vent fort pousse des tonnes de poussière de neige rabotée et poncée sur les étendues glacées du continent. Un retour à pied au dor’été est possible mais serait désagréable. Je grimpe donc dans l’autobus qui quitte la station haute pour dévaler la pente dans un méchant courant d’air glaçant ! Nous sommes 4 sur une plateforme ouverte aux quatre vents à l'arrière d'un tracteur à chenilles de taille XL (j’ai vu les tracteurs du raid, pour ne pas qualifier ce tracteur en dimension XXXL).
Nous arrivons bien vite au pied de notre dortoir.
Au moment de me coucher je retrouve Hélène en plein préparatif de leur veillée de Noël.
Je la quitte avec la promesse de les appeler 7h plus tard lorsqu’ils entameront leur bûche.
Je m’endors sur cette promesse de beaux sourires sur les visages de mes enfants et de mes neveux et nièces découvrant leurs cadeaux au pied du sapin blanc-bourgeois !
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