J15 à DDU
Ce jour est le solstice d’été.
A partir de demain nos journées raccourciront ! Ah Bon ? Je ne vois pas très bien comment 24 h de rayonnement solaire continu peuvent diminuer… Il faudra attendre quelques jours je pense avant de voir un début de pénombre. Le verrai-je d’ailleurs ? Ca n’est pas certain. Je vous donnerai des nouvelles de la voie lactée dès qu’elle daignera se montrer.
Je quitte à l’instant le séjour où Christophe vient lui aussi de remplir la salle (comme Thomas la semaine dernière) pour une soirée « Jeudi de la science ». Christophe est ornithologue. Il est capé ! Il nous a fait un exposé sur les causes et conséquences des divorces et veuvages chez les Albatros géants de Crozet et les Pétrels des neige de DDU.
Plus tôt dans la journée, je l’avais observé avec Karine en pleine activité de funambule sur les blocs de Gneiss et surtout de comptage des couples de Fulmars géants sur leurs nids. Je mets à profit mon exploration technique pour documenter à ma façon les professionnels que je rencontre sur site en pleine action. Lorsque nous nous sommes croisés sur la passerelle près de son laboratoire peu avant 18h30, il avait le dessus des mains ensanglanté des coups de griffes et de becs des oiseaux. (Son coup de soleil datait de la veille, on en avait bien rigolé.) Karine et lui ont dénombré 52 couples sur la colonie implantée sous le « sipo » (de siporex, bâtiment n°69 construit en 1992 en brique réfractaire de la marque siporex qui abrite les ateliers).
J’ai mis à profit la dernière belle journée de la semaine (je dis cela tous les jours…) pour aller en observation sur l’Île de la piste du Lion qui sert de plateforme portuaire logistique à nos opérations antarctiques. Longue de 1100 m et large d’une 50taine, elle offre un point de vue en contrepoint sur la station. J’ai pu découvrir des vieilles machines, des matériels en attente de déploiement, une éolienne à axe verticale que nous testons depuis 6 ans (malgré les vents trop forts qui la font s’arrêter régulièrement), un hangar, des cuves de carburant. Demain à partir de 7h30 se déroulera une grosse opération de transfert des carburants depuis notre dépôt du Lion vers le dépôt de carburant du Pré dans la station basse de Dumont d’Urville. Mes collègues ont préparé les opérations en dépensant beaucoup d’énergie. Ils profitent du reliquat de banquise sur le chenal du Lion et de Buffon pour dérouler une canalisation de 500 m de long et se raccorder au réseau suspendu sous les passerelles de l’Île Principale. Il faudra consommer de la puissance électrique pour actionner les pompes qui feront passer les 260 m3 de carburant d’un dépôt à l’autre. Avec cette sur-consommation de puissance électrique de 20 kW, demain sera la journée la plus forte consommatrice en électricité de l’année : pas de machines à laver demain, ni de sèche-linge : c’est EJP !
J’ai pris plaisir à découvrir des ouvrages et bâtiments insoupçonnés sur l’Île voisine où chaque jour les équipes en charge de la logistique dépôtent les conteneurs et caisses métalliques acheminés par L’Astrolabe à sa deuxième rotation, et trient et rangent les matériels qui seront évacuer à la prochaine. Un travail ingrat mais Ô combien fondamental pour éviter de s’emmêler les pinceaux dans ce stock de pièces et matériels. Et il faut aussi éviter d’entasser des objets inutiles … le hangar et le terre-plein ont beau être grands, il faut sans cesse évacuer ce qui ne servira plus ou ce qui est usagé.
Je termine mon exploration avec Florentin, Didier, Michael, Mickaël et Nicolas qui achèvent leurs réglages sur les pompes de refoulement. Leur professionnalisme est primmordial, Florentin vient de soupçonner l’inversion de phases dans une prise de rallonge. Nicolas est appelé en urgence pour une modification qui évitera un énième problème à la prochaine manip’ qui échoira aux hivernants.
Forcément, pendant mon circuit de 4 kilomètres j’ai croisé mes amis à plumes. Aujourd’hui, ils étaient en pleine excitation récréative et en publiant mes photos, je me suis rendu compte que les Adélie étaient en pleine Olympiades d’été : saut en longueur au dessus des tuyaux rouge et noir de Florentin et son équipe sur la glace, saut en hauteur sur les plaques dérivantes de banquise, et enfin l’incontournable tournoi de foot sur glace sur une magnifique aire de jeu. Mais les règles semblent différentes des nôtres car j’ai vu plus de 22 acteurs courir aux 4 coins du terrain et je n’ai pas vu le ballon.
Autour de cette arène flottante, les juvéniles massés dans les virages nord et sud, ne semblaient pas passionnés par le match et cherchaient surtout à retarder leurs épreuves de natation en eaux libres.
En remontant vers mon bureau, je me suis régalé des couleurs et de la souplesse des empereurs.
Quel spectacle !
Allez il est l’heure pour moi d’aller admirer le feu solaire austral de la Saint-Jean ! J’vous en cause demain, photos à l’appui.
PS : demain ils annoncent un changement de temps et de température.
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